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jan22 2017

Vivre avec une famille chinoise, c’est comment?


Voyage

Catégories : Chine

Tags : Chine, Asie, urbain, société, culture, humeur

Statistiques : 1369 visites

Voici déjà plus d’un mois que je suis installée à Shanghai. Il m’a fallu un peu de temps pour appréhender mon nouvel environnement, prendre mes marques dans cette ville si vivante mais parfois si agaçante. L’adaptation s’est aussi faite au sein même de mon logement, puisqu’au lieu de louer mon propre appartement, j’ai choisi de vivre avec une famille d’accueil 100% chinoise.

J’ai choisi cette option pour m’immerger le plus possible dans la culture chinoise et ne pas rester dans une bulle d’expatriés loin du quotidien des habitants du pays que je cherche à connaître. Je vis donc dans un appartement au centre de Shanghai, au sein d’une grande famille: la grand-mère (nainai), le grand-père (yeye), la mère (mama), le père (baba) et leur petite fille de 4 ans. Cette structure familiale est très commune en Chine, où il est fréquent de vivre avec les grands-parents, qui prennent soin de l’enfant lorsque les parents travaillent. Il n’y a donc pas d’ayi (domestique, femme de ménage) dans mon foyer, car c’est la nainai qui se charge des courses, des repas, du ménage, et d’accompagner la petite à l’école.

Une rue de mon quartier dans le centre de Shanghai
Une rue de mon quartier dans le centre de Shanghai

Vivre avec une famille chinoise, ce n’est pas toujours facile. Etant souvent seule avec les grands-parents et l’enfant qui ne parlent que Chinois, j’ai souvent du mal à comprendre ou à me faire comprendre. J’ai encore peur de commettre des impairs et ai parfois du mal à accepter un mode de vie très différent du mien. Toutefois, opter pour un logement en famille d'accueil a été une excellente décision. Je suis dans l'ensemble ravie de l'expérience que je vis, et ai la chance d'habiter avec une famille très gentille, prévenante et agréable. 

La vue depuis ma chambre
La vue depuis ma chambre

Après 6 semaines de vie commune, voici les principales différences relevées entre mon mode de vie suisse et mon nouveau foyer chinois.

Les repas

Passée la période d’euphorie liée au fait de manger de très bon repas préparés par la grand-mère tous les soirs, je connais à présent une première phase de lassitude. Je me rends compte en effet de la chance que nous avons en Europe d’accéder à toutes sortes de nourritures différentes. Un jour, nous mangeons italien, un autre, japonais, puis chinois, puis français, etc. En outre, la structure même des repas est très variée: parfois c’est une viande avec un féculent, parfois des pâtes, une soupe, une quiche, une salade… on ne consomme donc pas chaque jour le même modèle viande + légume + féculent. Or c’est ce qui se passe dans mon nouveau foyer chinois. Chaque jour, c’est inlassablement la même structure: RIZ, légumes, parfois du poisson. Les mêmes plats reviennent tous les trois ou quatre jours, d’où mon sentiment de manque de variété. L’absence totale de dessert ou de produits laitiers contribue à me procurer quelques angoisses par rapport à la nourriture en ce moment.

Petit-déjeuner
Petit-déjeuner

L'une des tours de mon quartier
L'une des tours de mon quartier

Une autre différence notable concerne l’heure des repas, qui sont pris très tôt. Il n’est pas rare que nous mangions à 18h. En Europe, le souper est d’ailleurs souvent un moment convivial, durant lequel la famille se retrouve au complet et raconte sa journée. Ici, le repas est expédié en 10 minutes, chacun sort de table dès qu’il a fini en n’attendant pas les autres.

L’eau

L’eau du robinet n’est pas potable en Chine. Ma famille d’accueil la consomme après l’avoir bouillie, ce qui implique que l’eau est toujours bue chaude ou tiède, jamais fraîche. De même, aucune boisson n’est servie pendant le repas. Il faut donc se passer d’eau en mangeant et boire après avoir terminé. J’ai été également très surprise par le fait qu’ils boivent très peu, voir jamais? Il n’y a par exemple aucune tasse ou aucun verre à disposition dans l’appartement. Ils ne boivent également jamais de thé, ni d'alcool, ni de café. 

Le lit

La literie chinoise est bien différente de la nôtre, et j'en ai pris pleinement conscience lorsque je me suis assise pour la première fois sur mon lit. "Oh, ils ont oublié de mettre le matelas!". Quelle petite sotte j'étais alors, évidement que le matelas était déjà là... les Chinois trouvent que les lits durs sont meilleurs pour la santé, mon lit est donc composé d'une sorte de planche de sagex recouverte d'un matelas d'environ 2 centimètres d'épaisseur. Autant dire que c'est vraiment très dur. Mais je dois reconnaître, après quelques semaines, que je ne me réveille que rarement avec la nuque et le dos endoloris, c'est donc pas si mal!

Le confort et le bien-être

Autre point d’étonnement, la notion de bien-être chez soi. Il est assez commun en Europe, lors des mois d’hiver, de se créer un petit cocon confortable à la maison. Faire une jolie décoration, allumer des bougies, mettre une lumière douce, boire un thé en lisant un livre ou écouter une chanson qui nous plaît. Il est d’ailleurs plutôt normal que la famille passe du temps ensemble dans le salon, pour discuter, manger ou regarder la TV. Point de ça dans mon nouvel environnement. Premièrement, le chauffage est inexistant, ce qui signifie que la température à l’intérieur est à peine plus élevée qu’à l’extérieur. Le repas du soir se prend donc avec sa veste… « Ah vous avez votre veste, vous partez? Non non, je m’apprête à manger… »

Le salon ne sert pas de pièce commune et personne n’y reste pour passer du temps ensemble. Il fait d’ailleurs bien trop froid pour imaginer s’asseoir sur le canapé pour lire un livre. En général la famille ne passe que très peu de temps ensemble à la maison et semble avoir peu d'intérêt pour les notions de loisirs ou de bien-être.

UNE FAMILLE TYPIQUEMENT CHINOISE?

La dernière constatation, plutôt évidente, c’est qu’il n’y a pas UN type de famille chinoise, tout comme il n’y a pas un type de famille suisse ou française. Je me rends compte que je vis avec une famille de la classe moyenne supérieure, dans un grand appartement et dans un confort relativement élevé pour les standards locaux. Certaines familles semblent plutôt matérialistes et cherchent à acheter beaucoup de vêtements, de bijoux, de nourriture, à habiller leur petite fille comme une poupée, tandis que dans mon foyer, tout est plutôt simple, sobre, tourné vers l’éducation et le travail. Il est donc faux de penser qu’en vivant avec une famille, j’apprends à connaître le fonctionnement de toutes les familles chinoises. Ma famille est jeune, très éduquée et tournée vers l’étranger. Les parents souhaitent exposer leur enfant à une influence internationale, c’est donc la raison principale de ma présence chez eux.

Scènes de vie quotidienne dans mon quartier
Scènes de vie quotidienne dans mon quartier

Je me rends compte également que je comptais sur ce logement en famille d'accueil pour en apprendre beaucoup sur la culture chinoise traditionnelle. Toutefois, et c'est le plus grand apprentissage jusqu'à présent, ma famille est très occupée à travailler. La semaine, je les vois peu car ils partent tôt et rentrent tard. Comme toute famille ordinaire dans son quotidien, ils jonglent comme ils peuvent entre le travail et l'éducation de leur enfant. Ils ne passent donc pas leur journée à pratiquer la cérémonie du thé en tenue traditionnelle, tout comme les Suisses ne mangent pas de fondue à tous les repas et ne montent pas à l'alpage donner à manger aux vaches tous les jours. Me voici donc plongée dans le quotidien d'une famille ordinaire, qui travaille dur dans l'unique but de préparer un avenir serein pour son enfant.

LE BILAN

Ayant passé en revue ces différences, je me remarque que mon compte-rendu ne semble pas très enthousiaste. Toutefois, j’ai une grande chance de pouvoir vivre avec cette famille. Il est bon de se confronter à un autre mode de vie, qui, même s'il est très confortable pour les standards chinois, reste plus rudimentaire que celui dans lequel j'ai vécu jusqu'à présent. 

Enfin, j’apprends tous les jours à être patiente. Un enfant de 4 ans peut parfois (en fait non, pas parfois, tout le temps!) taper sur les nerfs. J'apprends à être curieuse et tolérante, même si au fond de moi la petite peste privilégiée d’Européenne a beaucoup de mal à supporter la vie sans chauffage !

Informations Pratiques

Le logement en famille d'accueil est une très bonne expérience si vous avez assez de temps à y consacrer. Il est en effet important de pouvoir partager assez de moments pour faire connaissance et s'apprivoiser, surtout s'il y a des enfants dans le foyer. En général, je passe plusieurs après-midi par semaine avec l'enfant, certaines soirées, et le samedi entier. Il faut donc vouloir beaucoup s'impliquer dans la vie de famille pour en retirer des bénéfices, tout en étant flexible et bien sûr en respectant leur rythme de vie. Cela implique donc quelques sacrifices par rapport à une vie indépendante: ne pas rentrer trop tard le soir, prévoir si on mangera à la maison ou pas et les en informer, ne pas prendre de douche trop longue, ne pas faire sa lessive quand on veut, etc. Après ces quelques adaptations, tout se passe bien!

Et vous? Avez-vous déjà logé en famille d'accueil? Aimeriez-vous tenter l'expérience en Chine? Partagez vos expériences!

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