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nov29 2015

Nager avec les requins (sans cage) en Afrique du Sud


Voyage

Catégories : Afrique du Sud

Tags : Afrique du Sud, océan, mer, plongée, snorkeling, nature, animaux, requin

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Bon, soyons honnêtes : à la place de ce titre racoleur, j’aurais pu appeler mon article «le jour où j’ai vomi sur un requin», mais cela aurait attiré des gens qui font des recherches bizarres sur Google. J’ai donc en effet vomi sur un requin, je m’excuse d’ailleurs auprès dudit animal pour ce malheureux état de fait. Pour comprendre comment j’en suis arrivée là, plantons le décor.

Les côtes de l’Afrique du Sud sont réputées pour leur faune sous-marine foisonnante. On pense à la région du Cap bien sûr, pour observer les grands requins blancs. La côte Est, côté Océan Indien, n’est pas en reste et est bien connue pour ses merveilleux spots de plongée. Lors de mon récent séjour dans la nation arc-en-ciel, j’ai passé quelques jours près de Durban. Etant dans cette Mecque de l’exploration sous-marine, nous n’avons pas fait les choses à moitié puisque nous avons décidé de partir en excursion marine et de nager / plonger au milieu des requins à pointe noire qui sont nombreux dans la région. De nombreuses agences du coin proposent de s’immerger au milieu des requins dans une cage, ce qui ne nous a pas paru très intéressant. Une agence propose au contraire d’évoluer librement dans l’eau au milieu des squales, que ce soit en surface avec un masque et un tuba, ou à environ 5-6 mètres de profondeur avec un équipement de plongée.

D’abord heureuse à l’idée de nager au milieu de ces bêtes majestueuses, j’ai ressenti une grande appréhension la veille de l’expédition. Pas vraiment à cause des requins, mais plutôt à cause de l’océan ! La dernière fois que j’avais fait du snorkeling remontait à 5 ans en arrière dans les eaux calmes et chaudes des Maldives… L’idée de plonger très loin des terres, dans les vagues froides et violentes des côtes sud-africaines, commençait à me pétrifier. Et j’avais raison d’avoir peu, oh oui, j’avais bien raison ! J’ajouterais pour la clarté du récit, que dans l’e-mail de confirmation de réservation, l’agence conseillait vivement de prendre des médicaments contre le mal de mer. Je me rappelle très bien avoir rigolé en me disant que je n’étais pas une mauviette. Cette précision aura toute son importance plus tard, j’y reviendrai.

Le jour J, nous nous mettons en route pour le centre de plongée Blue Wilderness à Rocky Bay. A 6h30 du matin, nous rencontrons la sympathique équipe du centre, faisons connaissance avec les autres clients (nous serons 6 à nager avec les requins ce jour là), et sommes équipés de combinaisons de plongée, de masques, tuba et palmes. La biologiste marine nous accompagnera en mer nous donne des informations sur les requins que nous allons rencontrer (les requins à pointe noire, qui sont inoffensifs pour l’homme évidemment) et nous informe des choses à faire ou à ne pas faire une fois dans l’eau. Pour éviter tout accident, il est important de garder les bras croisés devant la poitrine, et de ne surtout pas exposer nos mains ou battre des mains devant les requins. En effet, lorsque la lumière du soleil se reflète sur la paume blanche de nos mains, les requins peuvent les confondre avec des nageoires de phoques, des poissons ou des oiseaux. Et ce serait plutôt fâcheux. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à un enfant lors d’une des sorties en mer, nous a raconté notre guide. L’enfant, assis sur le bord du bateau, battait des pieds dans l’eau. Un requin, qui l’a pris pour une proie, l’a légèrement mordu puis a relâché le pied immédiatement, se rendant compte que ce n’était pas bon à manger… de quoi se sentir en totale confiance juste avant de monter dans le bateau !

C’est à partir de ce point que mon histoire commence à se gâter. Heureusement que je ne savais pas comment le départ en bateau allait se faire, sans quoi je n’aurais JAMAIS fait cette sortie en mer. Jamais. Je pensais innocemment que cette activité tout public, aussi destinée aux enfants, serait une partie de plaisir. C’était sans compter la relation particulière qu’ont les sud-africains avec l’océan… on dirait qu’ils sont nés dans l’eau, que rien ne les effraie. Ils ont une aisance en mer que je n’ai clairement pas ! Me faire subir un départ en mer comme celui que j’ai vécu, c’est un peu comme lancer un skieur débutant sur le Pas de Chavanette, si vous voyez ce que je veux dire…

Mais revenons à nos requins. Le départ est clairement la phase la plus délicate de l’expédition. Nous serons 6 personnes, ainsi que notre guide à monter sur un gros zodiac pneumatique. Le bateau est placé dos à l’océan, et le pilote est déjà aux commandes. Le but de la manœuvre est de pousser tous ensemble le bateau pour le faire pivoter et le positionner face aux vagues, puis de sauter rapidement à bord et de déguerpir avant de se faire ramener sur le sable par le courant. Evidemment, dit comme cela, la manoeuvre semble plutôt simple. Que nenni ! Le bateau est lourd et surtout, les vagues sont extrêmement fortes. Une fois le bateau en position de départ, face à l’eau, il s’agit de sauter à bord. Le problème, c’est que les vagues nous scient les jambes et nous font tomber dans des longues algues gluantes. Le bateau, poussé par le courant, nous déséquilibre encore davantage. Le tout avec du sel plein les yeux et un commandant qui nous hurle dessus, un vrai bonheur !

C'est avec ce genre de bateau que nous avons pris le large / Image: simplytraveltours.com
C'est avec ce genre de bateau que nous avons pris le large / Image: simplytraveltours.com

Une fois tout le monde à bord, on nous distribue des gilets de sauvetage et on nous dit de glisser nos pieds dans de petites lanières fixées au sol. Ensuite, c’est plein gaz ! Le pilote est obligé d’aller très vite pour quitter la côte et dépasser les forts courants qui tentent de nous ramener vers la terre. Assise sur le bord du zodiac, les pieds glissés dans les petites lanières, la seule chose qui me retient à la vie est une minuscule cordelette sur le bord du bateau, cordelette mouillée et salée, à laquelle je m’agrippe de toutes mes forces pour ne pas tomber. Nous allons vite, extrêmement vite, et nous affrontons des vagues de MALADE. Vraiment. A chaque vague, nous nous prenons des creux de plusieurs mètres de pleine face. J’ai les bras tétanisés et les doigts qui commencent à saigner à force de serrer cette maudite cordelette… au bout de 20 minutes d’enfer, nous arrivons enfin près des requins, et c’est la libération ! Nous y sommes !

Notre navigation ressemblait un peu à celle-ci / Image: getmyboat.com
Notre navigation ressemblait un peu à celle-ci / Image: getmyboat.com

Eprouvée par cette horrible croisière, je me rends compte que des dizaines d’ailerons tournoient juste en dessous de nous. Malheureusement, je n’ai pas le temps de les contempler, puisque ma voisine d’infortune vomit partout, et surtout sur mes jambes… Mademoiselle a mangé des œufs pour le petit-déjeuner… Et c’est le début de la fin. C’est à ce moment précis que je me rappelle qu’on nous avait conseillé de prendre des tablettes contre le mal de mer. Damned ! Mais je n’ai pas le temps d’aller au bout de ma pensée, puisque je dois me pencher par-dessus bord pour vomir sur ces malheureux gentils requins. Je me rends compte que le courant est fort… nous montons, nous descendons… inlassablement, l’océan nous malmène et l’ambiance devient fébrile à bord de l’embarcation. Les premiers se jettent à l’eau, et je n’ai qu’une hâte : descendre au milieu des requins pour me sentir mieux ! J’imagine en effet qu’une fois dans l’océan, je n’aurai plus le mal de mer… Ha ha !

Les requins tournoient sous les bateaux / Image Facebook Blue Wilderness
Les requins tournoient sous les bateaux / Image Facebook Blue Wilderness

Le pilote jette un grand bâton en bois dans l’eau, auquel nous pouvons nous agripper pour regarder les requins évoluer en dessous de nous. Et là, enfin, c’est le moment de grâce : une vingtaine de requins, chacun mesurant près de deux mètres, tournoient lentement à quelques centimètres de moi. Moi qui étais si fébrile sur ce bateau de malheur, je ressens un calme incroyable et suis envahie d’une sensation de sérénité extraordinaire. C’est si beau ! Les requins me frôlent gentiment, sans aucune agressivité, comme si j’étais simplement un poisson un peu bizarre parmi eux. Je prends confiance et lâche le bâton de bois pour nager un peu plus loin. Je nage seule dans l’océan Indien, sans me tenir à rien, au milieu des requins… sur le moment cela paraît si naturel. Aujourd’hui cela me semble si insensé !

Ce moment si lyrique m’a semblé durer des heures, mais en réalité, je ne suis restée qu’une vingtaine de minutes auprès des requins. Le problème, c’est que dans l’eau, on ressent aussi les effets de ce courant maléfique. Me sentant de plus en plus mal, je rejoins la barre en bois, m’y agrippe, ai juste le temps de me dire « oh non ! » et d’enlever mon tuba avant de vomir dans l’eau, alors que j’étais moi-même dans l’eau ! Me vomir dessus en somme. Voilà, c’est dit. N’en pouvant plus, je demande à remonter dans le bateau, pour y agoniser en attendant ceux qui n’avaient pas encore abandonné, et vomir encore quelques dernières fois.

Le retour fut un peu moins difficile, puisqu’ayant les vagues dans le dos. L’arrivée sur la plage est sportive : le bateau fonce et se fait arrêter brutalement par le sable, manquant de nous démettre à tous une épaule. Encore groggy, je descends du bateau et rentre au centre de plongée pour prendre une douche chaude et manger… un sandwich au fromage et des frites froides (à 10h du matin, bon appétit).

Au final, je suis très déçue. Nager avec les requins est une expérience extraordinaire, vraiment. C’est sensationnel. Cela permet de voir les requins d’une façon complètement différente. Mais mon expérience a été vraiment gâchée par ce trajet en bateau trop difficile pour moi et par le mal de mer. Alors je vous en conjure : si vous allez faire du bateau là ou les courants sont aussi forts, ne faites pas le fier comme moi et prenez des médicaments contre le mal de mer ! Naviguer au large de l'Afrique du Sud, c'est bien différent d'une traversée Lausanne-Evian avec la CGN, croyez-moi. C’est vraiment trop bête de passer à côté d’une expérience aussi forte !

Informations pratiques

Le centre: contactez le centre Blue Wilderness à Rocky Bay, l'équipe est très professionnelle et vous répondra rapidement. Les sorties pour voir les requins se font le matin, avec des départs à 7h00 et 9h00. Vous pouvez choisir entre le snorkeling et la plongée, et tout le monde prend le même bateau, puisque les plongeurs ne sont qu'à quelques mètres en dessous des nageurs. 

La sortie en snorkeling coûte 950 Rand par adulte, soit environ 70 CHF / €.

Logement: si vous passez la nuit dans la région, je vous conseille le camping Caravan Cove situé à 5 minutes en voiture du centre de plongée. Pas trop cher, ce grand camping propose de jolis emplacements et des sanitaires propres, avec une belle piscine. 

Et vous? Avez-vous déjà nagé avec des requins? Aimeriez-vous le faire? Quels sont vos astuces contre le mal de mer? Partagez vos expériences!

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