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nov12 2015

Le Lesotho, le royaume dans les nuages


Voyage

Catégories : Lesotho

Tags : Lesotho, Afrique, Afrique du Sud, Panorama, Nature, Montagne, Road-Trip, Camping

Statistiques : 9548 visites

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Du Lesotho, je n’avais qu’une vague image floue datant d’un épisode de l’émission Pékin Express. Des montagnes, des prairies, des chevaux…un pays invitant à la rêverie, qui semble si éloigné ! De ce petit royaume, on ne connait rien, ou vraiment pas grand-chose par ici. Complètement enclavé au sein de l’Afrique du Sud, ce minuscule pays de 2 millions d’habitants a une particularité importante : il est entièrement situé à plus de 1'300 mètres d’altitude. Amateurs de montagne, le Lesotho est pour vous ! Il détient aussi de tristes records, puisqu’il fait partie des nations les plus pauvres d’Afrique, et que 25% de sa population serait touchée par le VIH.

Malgré ces tristes considérations, le Lesotho est un pays qui mérite bien son surnom de «Royaume dans les nuages». Une petite pépite, un paysage enchanteur à mi-chemin entre paradis alpin et décor de conte de fées. Au bord des routes, on croise de jolis villages de huttes, des bergers emmitouflés dans des couvertures et de nombreux cavaliers montant fièrement leurs chevaux. De quoi se sentir vraiment au bout du monde. Au milieu d’une Afrique du Sud ultra développée, il est difficilement croyable de constater à quel point le Lesotho est resté authentique et hors du temps.

Les routes de l’impossible

Le premier contact avec le Lesotho se fait par la route. Tandis que certaines sont flambant neuves (tout juste construites par les Chinois, présents en nombre), la plupart sont dans un état à peine praticable.

S’il est tout à fait possible de se limiter aux grands axes en bitume qui traversent le pays, passer à côté des routes chaotiques serait se priver d’une grande partie de «l’expérience Lesotho». Une voiture 4x4 est indispensable pour circuler dans le centre du pays. Les routes tiennent d’avantage des pistes caillouteuses et boueuses, avec des bosses, des creux, des flaques d’eau… tout cela dans un environnement complètement isolé. A part quelques bergers, on ne voit presque aucun signe d’activité humaine sur de nombreux kilomètres. C’est à la fois grisant et inquiétant : on roule sur une piste difficile, à 2'000 mètres d’altitude, surplombant des paysages montagneux superbes dans une nature brute, loin de toute civilisation. Les rares personnes croisées au bord des routes semblent surprises et curieuses de voir passer un gros 4x4 blanc, ovni au milieu de cet environnement calme et intact. De quoi se prendre à frissonner : en cas d’accident dans ces zones reculées, il faudrait attendre bien longtemps avant de voir passer un autre véhicule!

Au Lesotho, à part Maseru, la capitale, il n’y a presque aucune ville. Au fil du voyage, on traverse d’innombrables petits villages de huttes en pierre, avec leur toit pointu. Pas d’eau courante, pas d’électricité, quelques moutons, chevaux ou poules en guise de seule possession, et des habitants toujours souriants qui nous saluent d’un geste de la main.

Au son d’une voiture qui approche, les enfants courent près du véhicule en criant «sweets, sweets !» en quête de quelques friandises. Chaque matin, tous les petits parcourent de nombreux kilomètres à pied, élégamment vêtus de leurs uniformes scolaires pour rejoindre les écoles souvent très éloignées de leur village. Rouler à travers le Lesotho promet une immersion dépaysante dans un environnement complètement éloigné du nôtre. Voici d'ailleurs un petit aperçu des routes du pays dans la vidéo ci-dessous.

Semonkong, à la recherche des chutes Maletsunyane

Les candidats de Pékin Express avaient descendu ces chutes impressionnantes en rappel. Rien de tel pour moi, mais qu’importe, les chutes Maletsunyane sont tellement impressionnantes qu’il faut absolument aller les voir lors d’un passage au Lesotho.

Hautes de 190 mètres, leur débit varie en fonction de la saison. Loin des flots bouillonnants, les chutes que j’ai admirées à la fin du mois de septembre étaient plutôt faiblardes, mais restaient magnifiques et impressionnantes. Le meilleur moyen d’y accéder est de s’arrêter pour la nuit au Semonkong Lodge, à environ 10km de là. A la fois lodge, backpacker et camping, c’est le lieu idéal pour faire une étape, avec en prime un très bon restaurant. Depuis le lodge, il est possible de se rendre aux chutes à pied, à cheval ou en voiture (la route y est très cabossée). Prenez un pic-nic et marchez jusqu’aux chutes, pour savourer le paysage sublime. Les possibilités de randonnée sont nombreuses, pensez à demander l’aide d’un guide local si vous souhaitez descendre au pied de la cascade.

Flickr

Tournée des bars à dos d’âne

Voilà une activité peu commune : au Lesotho, les bars se visitent… à dos d’âne ! Cette activité insolite m’a beaucoup plu. Il n’y a certes rien de spontané dans ce «donkey pub crawl» : l’activité est organisée par le Semonkong Lodge est doit être réservée à l’avance. C’est toutefois, à mon sens, un bon exemple de tourisme responsable. Les guides qui nous accompagnent dans la ballade sont des habitants du village : cela leur permet d’avoir une source de revenus grâce aux touristes. Les ânes sont loués auprès des paysans locaux.

 

Je n’ai pas ressenti « d’attrape-touriste» dans cette activité amusante qui permet d’entrer en contact avec les habitants de Semonkong, minuscule ville de tôle et de pierre. Les jeunes guides sont sympathiques et semblent apprécier ce moment de détente. Les 3 bars visités sont évidemment très simples et rustiques : une simple pièce dans laquelle on trouve quelques tables ou un billard, et de la musique évidemment! Rihanna semble être très appréciée dans les montagnes du Lesotho! Tout en discutant avec les habitués des lieux, nous dégustons la bière locale, la Maluti. Attention à ne pas tomber de l’âne sur le chemin du retour après plusieurs verres!

Le salon de coiffure de Semonkong
Le salon de coiffure de Semonkong

Sani Pass, les retrouvailles avec l’Afrique du Sud

Après une traversée épique des coins les plus reculés du pays (spécialement la jonction entre Semonkong et Sehongong, une éprouvante journée à grimper et descendre des cols sur des chemins caillouteux) les retrouvailles avec la civilisation se sont faites au Sani Pass, à la frontière avec l’Afrique du Sud. En haut du col reliant le Lesotho à son grand voisin, un lodge fait office de point de ralliement entre les deux pays.

A 2'874 mètres d’altitude, surplombant une route sinueuse, on trouve un charmant petit bar (fièrement désigné comme étant le plus haut d’Afrique) qui permet de se réchauffer après une promenade dans les prairies montagneuses des alentours. Autour de la cheminée, en sirotant un thé chaud, les voyageurs se rencontrent et partagent leurs impressions sur le pays.

Il y a peu de choses à faire dans la région, qui semble être très prisée des sud-africains, qui y passent quelques heures avant de redescendre dans leur pays. Pour eux la visite s’arrête là, et c’est bien dommage ! Le lodge, très agréable, propose diverses activités : visite d’un village traditionnel (que je déconseille, c’est un attrape-touriste assez proche de ce que j’ai vécu avec les Himba en Namibie) et des excursions à cheval. Celle que nous avons réservée n’a finalement pas eu lieu, car «les chevaux étaient trop loin dans les montagnes»… en Afrique, vous ne savez jamais si les activités auront lieu ou pas, et parfois les excuses sont un peu farfelues…

Le poste frontière entre le Lesotho et l'Afrique du Sud
Le poste frontière entre le Lesotho et l'Afrique du Sud

Au terme des 5 jours passés au Lesotho, je peux vous dire que ce pays est une perle. Un territoire tout petit, brut, sauvage, sublime. Il n’y a pas de grande ville, aucun grand magasin, aucun signe évident de mondialisation. C’est le pays le plus reculé dans lequel je suis allée, et le plus lointain par rapport à ma propre vie quotidienne. Le fait qu’on y trouve très peu de touristes rend l’expérience encore plus unique et donne l’impression d’avoir, vraiment, cette fois, trouvé le bout du monde.

Informations pratiques

L’itinéraire du voyage

1/ Entrée dans le pays par Maseru, puis route goudronnée jusqu’à Semonkong Lodge (le dernier kilomètre est une piste de gravier et de terre, malgré tout accessible en 2x4). 2/ Traversée du pays de Semonkong à Sehongong via Sehlabathebe sur une route très difficile, 4x4 indispensable, de nombreux cols sont à monter et descendre dans un environnement très isolé 3/ Puis dernière étape, SehongongSani Pass avant la descente vers l’Afrique du Sud par le col.

Quelques informations sur le Lesotho

  • Les temps de parcours en voiture sont très variables en fonction de l’état des routes. Attention en cas de pluie, les routes non goudronnées deviendront très vite impraticables.
  • Sur les nouvelles routes bétonnées, le trafic est extrêmement souvent ralenti par des dos-d’âne très hauts et parfois peu visibles. Attention donc à votre vitesse!
  • Des entreprises chinoises sont actuellement en train de moderniser le réseau routier du pays. Les cartes et les GPS ne sont donc plus forcément à jour, certaines routes étant en plein bétonnage.
  • Pensez à prendre vos provisions avec vous, ou à acheter ce qu’il vous faut à Maseru, car il n’y a aucun commerce dans le reste du pays, si ce n’est de petites échoppes très peu fournies, et sans produits frais. C’est pareil pour l’essence.
  • Prenez des vêtements chauds, il fait froid à presque 3'000 mètres d’altitude. Campeurs, les nuits sont froides, vraiment très froides!
  • Il y a peu de transports publics (mini-bus) et les horaires sont aléatoires. Préférez la voiture de location pour vos déplacements. Le pays est très sûr et il n’y a rien à craindre pour votre véhicule (à part les stigmates de la conduite dans la boue et les cailloux). La conduite se fait à gauche.
  • Les petites maisonnettes en tôle que l'on voit à côté de chaque hutte dans les villages sont... des toilettes!

Hébergement

Semonkong Lodge: sympathique hébergement qui comprend chambres d'hôtel, dortoirs et places de camping. Le camping a peu de cachet mais propose toutes les infrastructures nécessaires (grill, sanitaires). L'eau chaude peut ne pas être disponible en tous temps. Le restaurant est étonnament bon étant donné l'emplacement reculé des lieux. Une bonne adresse pour explorer la région des Maletsuyane Falls.

Sani Pass Mountain Lodge: très fréquenté par les visiteurs à la journée qui arrivent de l'Afrique du Sud toute proche, ce lodge propose des chambres, des dortoirs et un petit espace de camping. Encore une fois le campement n'est pas très joli, mais fonctionnel. Le bar est le point de ralliement de tous les voyageurs, tandis que le restaurant sert des plats basiques, plus rassasiants que délicieux.

Et vous? Connaissez-vous ce pays? Seriez-vous tentés d'y faire un tour lors d'une prochaine visite en Afrique du Sud? Partagez vos impressions!

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